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La vie de la MJC sur son blog

 

......Editorial

LA MAISON DES JEUNES ET DE LA CULTURE (MJC)

DE MONFLANQUIN (Lot-&-Garonne)

 

C’est une association qui en est à sa 37ème année d’activité. Suivre son parcours est nécessaire pour comprendre où elle en est aujourd’hui, plus d’un tiers de siècle après sa création. Comme on le verra en fin de cette présentation, la même volonté de faire vivre le lien social en proposant d’organiser et de gérer ensemble des activités pour tous, continue de s’inscrire dans le champ de l’Education Populaire.

Historique

Création en juillet 1965, à l’initiative de quelques jeunes du village. La municipalité met à disposition, ouvrant sur la cornière haute et la place des Arcades -cœur du bourg- une grande pièce et deux réduits de rangement. Les jeunes s’y retrouvent pour jouer aux cartes, bavarder, regarder la télévision.

Très rapidement, sous l’impulsion d’un jeune enseignant du collège, des activités s’organisent :

  • Septembre 1965, installation d’une modeste bibliothèque.
  • Octobre 1965, aménagement d’une cave proche en atelier de poterie avec four en auto-construction. Première veillée à thème.
  • Novembre 1965, institution d’un " Conseil de Maison ", réuni chaque dimanche matin. Installation d’un labo-photo pour le club photo, et première séance d’un ciné-club utilisant une salle du collège proche. Décision d’organiser une exposition pour faire connaître ses activités, lors de la foire locale (fête de la Saint-André).

A cette occasion, début décembre 1965, naissance d’un bulletin mensuel sous le titre de " Sous les Arcades ". Age moyen des jeunes : 25 ans.

 

Problèmes de locaux

Déjà, à l’issue de ces cinq premiers mois d’activité, les locaux s’avèrent insuffisants, d’autant que des projets nouveaux sont envisagés, notamment un petit musée de la vie locale (des documents et objets ont été collectés pour l’exposition ), et que la place manque pour la fabrication du bulletin, la bibliothèque qui grossit de nombreux ouvrages offerts, les veillées, l’activité foyer. Un accord avec le collège, pour la fréquentation par les collégiens entre midi et 14 heures, ajoute à cette insuffisance de place ; A la suite d’une communication exposée à une réunion du conseil municipal, ce dernier, sensible à la dynamique nouvelle impulsée par la MJC, se montre favorable à la recherche d’un bâtiment plus convenable.

 

L’année 1966 voit la création d’un club de bridge. Et surtout, la MJC est chargée de coordonner la réalisation d’une monographie du village participant à un concours national. Occasion d’élargir les participations à quelques adultes-ressource(photographe, commerçants, municipaux, agriculteurs…) et d’espérer faire connaître les premières réalisations d’une orientation vers le tourisme rural décidée par la municipalité, pionnière en la matière. Explosion de joie à l’annonce " Monflanquin 1er Prix national " ! Emissions de radio, reportages dans les journaux, remplissent le camping dès l’été qui suit. La fête de Carnaval est relancée. Le village se dote d’un Comité des Fêtes. Nombreuses visites de délégations de villages de la région. Et enfin décision municipale d’acquérir et d’aménager, sur la même place des Arcades, une grande maison de caractère, avec trois niveaux et une cave de deux pièces. et 3 niveaux.

 

De nouvelles activités

A partir de 1967, les activités d’été mobilisent une équipe qui " invente " l’animation touristique pour les 500 à 700 personnes occupant l’ensemble touristique communal pendant 6 à 7 semaines, associant les vacanciers à l’élaboration d’activités de loisirs, de découverte du pays, de jeux, de fêtes. Un " conseil d’été ", bien fréquenté par vacanciers et Monflanquinois, chaque lundi, décide et organise les activités de la semaine et un bulletin hebdo de 4 pages est édité par la MJC. Les vacanciers, parmi lesquels des musiciens, comédiens, animateurs, organisent eux-mêmes une fête qui remplit deux fois le gymnase de 900 places. Des relations amicales se nouent avec la population du village, avec les agriculteurs qui accueillent les journées de découverte à la ferme et … lancent les premiers marchés fermiers du département de la région. La MJC est le partenaire actif du syndicat d’initiative qui va s’installer dans l’ancien local, rénové,… de la MJC.

L’été passé, les activités permanentes reprennent. Premières bourses de voyages en France et à l’étranger (Allemagne, Tunisie, Pologne, Autriche…) d’où les jeunes responsables de la MJC reviennent enrichis. Stages de formation avec la FOL.

Un chantier de fouilles (site mérovingien) est confié à la MJC, éveillant des vocations regroupées dans une nouvelle section " Histoire et Archéologie ". Atelier de dessin et peinture pour enfants. Puis ce seront : un groupe de théâtre, une chorale, des soirées cabaret, les " bals des jeunes " à la Cave joliment aménagée par les jeunes.

En 1968, une section judo enfants, jeunes et adultes, tandis qu’un groupe de jeunes se distingue dans l’opération " 4 CV Jeunesse " (restauration et décoration d’une vieille 4 CV) : 1er prix Aquitaine et finale à Paris.

 

La nouvelle Maison

Cette diversification des activités est largement favorisée par les nouveaux locaux où chaque activité peut trouver place , avec gestion collective d’une utilisation maximale de l’espace, des cohabitations dont la coordination est régulée lors de la réunion hebdomadaire du Conseil de Maison. Le Conseil d’Administration, lui , 4 à 5 fois par an, discute des orientations, organise le secrétariat, la comptabilité, et la représentation dans les institutions départementales et les associations locales partenaires. Les principaux responsables nouent des relations avec d’autres associations dans plusieurs régions, participent à des stages et des rencontres.

Une machine à laver " publique ", des opérations jouets de noël, témoignent de l’attention aux personnes ou familles en difficulté.

Pendant la décennie 68/78 un cycle de rencontres-débats offre un espace de réflexion sur l’avenir du bourg et de la commune (urbanisme – avec la " découverte " de la bastide- agriculture, éducation, Marché Commun, la presse…). Une causerie sur les sentiers de grande randonnée déclenche la création d’un groupe pédestre, la prospection et le sauvetage des sentiers, en coopération avec l’Association des 4 Cantons créée en 1976. La grande salle du 1er étage convient à des expositions plus ambitieuses, des concerts, du théâtre. Le musée sera abandonné, attendant un projet plus important qui deviendra en 1978 " La Maison de la Vie Rurale ". La bibliothèque bénéficie de cette salle, équipée par la Bibliothèque Départementale, et fonctionnera en " service public " jusqu’à la création d’une belle bibliothèque-médiathèque municipale où glissera l’équipe des bénévoles mjc du livre.

 

Nouveaux chantiers et essaimage

Une salle permet de donner davantage d’aise et d’autonomie à la nouvelle section  " Les Loisirs d’Automne ", (le club du 3ème âge), très actif.

La revue mensuelle " Sous les Arcades " connaît une croissance régulière des abonnés et exige de plus en plus de mobilisation. Heureusement son tirage bénéficiera des services du duplicateur électrique, puis d’un photocopieur, pour atteindre un tirage à 600 exemplaires (2 à 3 000 lecteurs) l’ année 2000. La liste de ses numéros spéciaux constitue alors un catalogue de vingt titres, dans les domaines de l’ethnologie et de l’histoire locale, mettant l’accent sur la période médiévale de la Bastide.

Au fil des années, alors que de nouvelles activités s’installent ( danse classique, danses traditionnelles, scrabble, yoga, gymnastique, hébergement de l’école de musique, claquettes), le ciné-club s’éteint. Et, vers les années 1985, les veillées et débats se raréfient. L’école de musique, puis le club du 3ème âge, volent de leurs propres ailes dans de nouveaux locaux. Les lois de décentralisation viennent d’ accorder de nouvelles prérogatives aux communes. Les changements s’accélèrent ; le comportement des jeunes aussi ; et l’équipe dirigeante des premières années a pris de l’âge, sans véritable relève.

 

Aujourd’hui…

Le développement des activités à la Maison de la Vie Rurale, vaste domaine rural confié à la MJC, avait mobilisé de fécondes énergies de 1980 à l’an 2000 où elle cessa ses activités.

Néanmoins, la diversité des activités demeurait dynamique, et en 1996, elles migraient dans des locaux provisoires pour permettre un important programme de rénovation de la " vieille " Maison, et sa mise aux normes. Pour une nouvelle installation plus fonctionnelle et confortable à l’automne 1999.

Le recours quasi obligé à des animateurs professionnels à salarier (judo- danse – yoga – poterie…) a marqué aussi ces dernières années, ajoutant au poids grandissant des tâches de gestion, plus complexes, qui grignotent sur le temps d’animation et de contacts des responsables. L’absence d’un permanent pour la coordination, dont les crédits n’ont jamais été accordés, se ressentait de plus en plus, et c’est au cours de la saison 2000/2001, puis 2001/2002, qu’était décidé un poste à temps partiel (15 h/semaine), financé sur les fonds propres de l’association avec une aide de l’Etat, mais l’association renonçait aux séduisants avantages d’un emploi jeunes, ne pouvant garantir la pérennité à son issue.

La liste des activités pour la saison 2001/2002, ci-après, témoigne cependant de la permanence de cette volonté de maintenir le cadre associatif d’une action importante d’Education Populaire qui a fortement marqué l’élan dynamique de la commune. Et qui continue. A preuve, la décision du conseil d’administration, en septembre 1997, de créer un groupe de travail pour engager une action dans le domaine des nouvelles technologies. Après une visite à un centre multimédia de la région, une convention est signée avec le collège pour l’ouverture d’un atelier au public. Un projet est présenté au maire de Monflanquin et président de la jeune Communauté des Communes regroupant les 12 communes du canton. Le 11 mai 1998, la MJC organise une réunion publique avec atelier de démonstration. En novembre 98, le projet, à vocation cantonale, est pris en charge par la Communauté des communes : un atelier est équipé à la MJC, un animateur-formateur recruté, à mi-temps à l’atelier MJC et l’autre mi-temps pour les écoles du canton qui ont été dotées chacune de matériel. Bel exemple de partenariat relayant l’initiative associative !

Quelles motivations, quelles espérances, ont mobilisé et soutenu l’engagement bénévole des initiateurs et des responsables de cette " aventure " qui dure depuis 37 ans … et qui continue ?   Il faut l’expliciter, par quelques textes qui émaillent ce parcours éducatif , extraits de la revue " Sous les Arcades ", trait d’union entre l’association et la population.

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LA MJC, UNE ASSOCIATION D’EDUCATION POPULAIRE

SOUS LES ARCADES , n°2, décembre 1965 :

Nous voulons que la Maison des Jeunes soit plus qu’une maison de jeux et de loisirs dirigés par un animateur dynamique. Nous espérons, nous voulons, en organisant nos activités, en confrontant nos tempéraments, en gérant ensemble notre Maison, apprendre à mieux comprendre la vie et les hommes, à mieux agir et à mieux vivre. Cela n’est ni rapide ni spectaculaire…

SOUS LES ARCADES , n°12, octobre 1966 :

Nos illusions commencent à devenir réalité, quand nous voyons les jeunes prendre la truelle et le marteau pour transformer la vieille cave et construire un four ; quand ils prennent l’initiative d’organiser pour leurs amis estivants une soirée par semaine ; quand ils éteignent la télé chaque lundi soir, pour suivre la vie de leur Maison…quand ils se regroupent autour d’un camarade racontant un autre pays, donnent sur leurs loisirs pour imprimer leur journal ; quand ils s’enthousiasment pour de nouveaux projets.. Oui, nous avons la prétention de " changer la vie "…

SOUS LES ARCADES , n°337, novembre 1993 :

Tout en tissant au fil des ses numéros des traces de notre histoire récente ou lointaine, notre revue Sous les Arcades s’ouvre à d’autres horizons à partir du local, pose des questions, voudrait inviter à comprendre…Oui, nous croyons qu’un bulletin local ainsi conçu répond à une nécessité. Qu’il peut permettre, au-delà de la curiosité, de se sentir davantage concerné et partager un peu plus de son destin commun ; moins enclin à l’indifférence et au repliement sur soi. Plus citoyen, en somme.

SOUS LES ARCADES , n°353, mars 1995 :

…S’il est vrai qu’une bonne vingtaine de responsables de l’association donnent beaucoup de leur temps, pris sur leur vie personnelle, familiale, y ajoutant quelques sous de leur porte monnaie bénévole, il faut espérer que ce " dévouement " est réfléchi et qu’il apporte des satisfactions, ne serai-ce que celle de se sentir utile…Ils y trouvent aussi l’enrichissement du compagnonnage…Ce qui nous rassemble et entretient notre mobilisation, ce sont quelques idées (dites :principes, ou : objectifs si vous préférez. Les mots d’épanouissement de la personne, d’humanisme, d’utilité sociale, de développement local sont certes vagues ; le mot laïcité éclaire mieux. C’est pourquoi nous nous reconnaissons dans la FOL / Ligue de l’Enseignement quand elle affirme agir pour la démocratisation de l’accès aux connaissances, l’autonomie et l’épanouissement de chacun. Rechercher l’accès de tous aux loisirs et à la culture. Participer au développement local. Lutter contre les exclusions et les inégalités. Favoriser le débat d’idées et l’engagement civique. Des mots certes. Mais qui sont pour nous un engagement.

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EXTRAITS DES STATUTS DE LA M.J.C. (après modifications du 27.06.1996).

Article 2 Cette association a pour but d’offrir à la population, jeunes et adultes, des activités de loisirs, culturelles, sportives, sociales, pour leur satisfaction et épanouissement personnel, avec le souci de développer chez ses adhérents le sens de la responsabilité, de la citoyenneté, en s’inscrivant comme un acteur du développement local. – Cette association a pour but d’offrir à la population, jeunes et adultes, des activités de loisirs, culturelles, sportives, sociales, pour leur satisfaction et épanouissement personnel, avec le souci de développer chez ses adhérents le sens de la responsabilité, de la citoyenneté, en s’inscrivant comme un acteur du développement local.

 

Article 3 – A cet effet, elle peut mettre à la disposition de la population, des activités récréatives et éducatives variées : physiques, pratiques, intellectuelles, artistiques, sportives, économiques, civiques, sociales…Elle peut créer des sections pouvant ou non faire appel à du personnel salarié ; réaliser des publications, des documents audiovisuels, organiser des manifestations ouvertes au public, participer par délégation ou adhésion à d’autres instances locales ou des fédérations poursuivant les mêmes buts. 

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